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Dans le bulletin municipal de juillet 2009 le maire des Saintes a éprouvé le besoin de délivrer « sa vérité » en servant aux élus et aux saintois sa propre version de l’affaire de la cabane de gardian du Pont du Mort. Ainsi, en invoquant les récents articles de presse qui ont fait écho à cette affaire (en laissant une large place à l’expression du point de vue municipal), le premier magistrat saintois assène ses arguments sans accorder le moindre droit de réponse à la personne nommément incriminée, pour ne pas dire publiquement humiliée par un flot de propos incongrus susceptibles de jeter l’opprobre sur une administrée.
Cette « information », en forme de réquisitoire, a été proférée de manière unilatérale par le premier magistrat saintois dans l’exercice de ses fonctions, à l’occasion d’une séance du conseil municipal, et diffusée dans le « journal officiel » de la commune. Aussi, dans un souci d’objectivité, il nous a paru utile d’apporter ici quelques éléments complémentaires.
Tout d’abord il convient de préciser que face à la teneur des informations publiées par le maire, l’affaire vient d’être portée en justice. En conséquence, il appartient désormais au tribunal d’enquêter sur la réalité des faits et d’apprécier, au vu des preuves formelles que le maire devra produire, si les propos de ce dernier sont susceptibles de présenter un caractère calomnieux et diffamatoire à l’endroit de la personne visée. De fait, pour ne pas interférer avec l’action de la justice, nous nous bornerons à soulever un certain nombre de questions citoyennes au regard des allégations municipales.
Allégation du maire (en parlant de la cabane) : « cet immeuble vétuste et insalubre ».
Questions : La cabane dispose de l’eau courante (froide et chaude), de l’électricité, du téléphone, de l’adsl haut débit, de toutes les commodités (wc, salle d’eau), en outre, elle est raccordée au tout à l’égout. Le maire connaît-il vraiment le sens du mot « insalubrité » ? Par ailleurs, afin que son affirmation ne soit pas gratuite, le maire est-il en mesure de produire le document légal, issu d’une hypothétique enquête diligentée par la DDASS et confirmée par le Préfet, attestant formellement du caractère insalubre de l’habitation ?
S’agissant de la vétusté, jusqu’à preuve du contraire, c’est au propriétaire qu’incombe la prise en charge des travaux d’entretien et de rénovation du bâtiment qu’il loue. En outre, la loi sur l’insalubrité des logements protège le locataire et non le propriétaire qui perçoit des loyer pour un logement inhabitable. Dans ces conditions, pourquoi le maire fustige-t-il la locataire alors qu’il traite « à l’amiable » avec le propriétaire ? En tout état de cause, si l’insalubrité est juridiquement avérée, la loi fait obligation au propriétaire de reloger l’occupant en lui proposant un nouveau logement décent et correspondant è ses besoins et à ses possibilités. Le maire est-il prêt à assumer toutes les conséquences légales et financières de ses affirmations ?
Enfin, comment ne pas être choqué par cette association de mots outrancière qui, en affublant cette magnifique cabane du nom « d’immeuble » et des qualificatifs de « vétuste, insalubre et illégale », sonne comme une véritable offense faite à nos anciens. Pour tous ceux qui vécurent si durement dans des cabanes inconfortables et qui ont façonné cette merveilleuse Camargue dont nous avons hérité, n’avons-nous pas le devoir de restaurer et de conserver ce patrimoine irremplaçable et si cher à notre mémoire collective ?
Allégation du maire (en parlant de la cabane) : « construite sans fondations »
Question : le maire d’une commune qui affiche fièrement son label de Capitale de la Camargue connaît-il, un tant soit peu, l’histoire de ces objets patrimoniaux et culturels que sont les cabanes de gardian, héritières par la volonté de Baroncelli des cabanes camarguaises, construites selon les règles de l’art par les artisans cabaniers de l’époque. Une cabane qui possède des fondations n’est plus une cabane, c’est une maison.
Allégation du maire (en parlant de la cabane) : « construite sur un terrain communal dans les années cinquante en toute illégalité et sans permis de construire »
Questions : Tout d’abord, en quoi la locataire d’une habitation devrait-elle être tenue pour responsable du statut juridique d’un bien qui ne lui appartient pas ? Pourquoi s’en prendre aussi brutalement à la locataire et traiter ce point précis, de manière « amiable », avec le principal responsable, à savoir le propriétaire ? Pourquoi avoir attendu près de soixante ans pour dénoncer une construction « illégale » ? N’y a-t-il pas prescription ? Le maire envisage-t-il de faire procéder à la démolition de toutes les constructions « illégales » situées sur le territoire de la commune ?
Allégation du maire : « dès 1998, la commune a préservé les cabanes de gardian de l’avenue Riquette Aubanel en leur donnant un statut particulier dans le Plan d’Occupation des Sols »
Questions : Pour quelle raison la cabane du Pont du Mort ne bénéficierait-elle pas de ce statut particulier ? Pourquoi, à cette occasion, la situation administrative de cette cabane, qui est normalement cadastrée (parcelle 43) n’aurait-elle pas été régularisée comme d’autres ont pu l’être ? Le statut particulier de 1998, portant sur la préservation de l’ensemble des cabanes de gardian de l’avenue Riquette Aubanel, autorise-t-il la commune à procéder à la démolition de certaines d’entre elles en dehors d’une modification dudit statut ? Si le statut en question autorise la démolition des cabanes, en quoi le maire peut-il le présenter comme un gage de préservation des cabanes ? N’y a-t-il pas une contradiction, de la part du maire, à évoquer le statut protecteur de 1998 à l’occasion d’un projet de destruction d’une des cabanes les plus emblématiques du site pour créer, à la place, un « espace de mémoire » et un « un point d’information sur les cabanes de gardian » ?
Allégation du maire : « Le propriétaire, Monsieur G., qui avait accepté que la cession soit effectuée à l’amiable entre lui et la commune »
Questions : Pourquoi le maire a-il accepté de dépenser (à l’amiable) la bagatelle de 86500 euros (délibération du conseil municipal du 15 décembre 2005) d’argent public pour procéder à l’acquisition d’un bien dont il affirme, lui-même, par ailleurs qu’il est : « vétuste, insalubre, sans fondations, dépourvu d’assainissement, construit en toute illégalité et sans permis de construire sur un terrain appartenant à la commune » ? A deux reprises, en 2005 et en 2009, le conseil municipal a décidé le lancement d’une procédure d’expropriation. Pourquoi avoir engagé une procédure d’expropriation alors que la commune est propriétaire du terrain, que le propriétaire était d’accord pour céder le bien et que la construction est censée (selon le maire) avoir été réalisée en toute illégalité. Généralement, ce type de situation ne se règle pas « à l’amiable » et aux frais du contribuable. Enfin, le maire peut-il produire les documents juridiques résultants du déroulé des différentes procédures d’expropriation ?
Allégation du maire : « Madame C. occupe indûment les lieux (la cabane) »
Questions : En quoi un contrat de droit privé (bail locatif) concerne-t-il le maire de la commune ? A quel titre et en vertu de quel droit le maire peut-il diffuser des informations nominatives d’ordre strictement privé dans le bulletin municipal ? L’interrogation est d’autant plus pertinente que le bail dont il est question est parfaitement valide jusqu’en juillet 2010. Du reste, le maire l’a publiquement reconnu à l’occasion d’un article paru dans le journal « La Provence » du 9 mai 2009 en déclarant en substance : « la commune se laisse jusqu’en juillet 2010, date de la fin du bail de Madame C., pour concrétiser son projet ».
Par ailleurs, si le logement est effectivement insalubre, ce n’est pas son occupation qui est indue mais la perception du loyer.
Allégation du maire : « après avoir bénéficié de longues années d’un loyer extrêmement modéré »
Questions : A quel titre le maire d’une commune peut-il porter un jugement de valeur à propos du montant d’un loyer négocié entre deux particuliers ? Peut-on qualifier « d’extrêmement modéré » le montant d’un loyer qui avoisine les 500 euros mensuels pour un bien immobilier dont le maire prétend qu’il est « vétuste, insalubre, illégal, et patati et patata » ? Sylvette ne serait-elle pas en droit de réclamer le remboursement du montant des loyers qu’elle a versés depuis que le logement est réputé insalubre ainsi que le remboursement des impôts locaux qu’elle a dû acquitter durant toute cette période ?
Allégation du maire : « Madame C. […] invoque désormais tous les moyens possibles en tentant de faire glisser le débat sur le terrain de la politique »
Questions : Sylvette n’exerçant aucune activité d’ordre « politique », que signifie cette allégation ? Le maire ne dérape-t-il pas en parlant de glissade, sauf à considérer qu’il serait le seul citoyen de la commune a pouvoir occuper le terrain de la politique ? Dans un Etat de droit, le fait qu’un citoyen ait recours au député de sa circonscription pour lui exposer un problème d’ordre privé peut-il justifier que sa démarche soit qualifiée publiquement de « glissade politique » par le premier magistrat de la commune ?
Allégation du maire : « Madame C. a utilisé les problèmes de santé de Monsieur G. pour se maintenir indûment dans les lieux »
Questions : Que signifie ce procès d’intention gratuit et particulièrement choquant ? Pourquoi Sylvette aurait-elle dû recourir à de telles méthodes dans la mesure où son bail, qui est régulièrement reconduit depuis plus de trente ans, se termine en juillet 2010 ? Et puis, pour qui connaît Sylvette et alors même qu’elle mène un difficile combat contre une grave maladie qui l’a conduite à subir récemment plusieurs opérations chirurgicales, comment imaginer un seul instant qu’elle puisse utiliser la maladie d’un autre pour une vulgaire histoire de bail ? Comment le premier magistrat d’une commune peut-il pousser le cynisme et le mépris jusqu’à oser jeter en pâture à l’opinion publique des allégations aussi blessantes et gratuites ?
Allégation du maire : « La commune […] va donc poursuivre son projet d’acquisition dans le respect des règles de droit »
Question : Pour le coup, il ne croyait pas si bien dire. Mieux vaut tard que jamais. Désormais c’est effectivement la justice qui devra dire si l’argutie municipale fustigeant publiquement une citoyenne au seul motif qu’elle s’efforce de faire valoir légitimement ses droits de locataire d’un bien privé, ne recèle pas une intention de dénigrement de la personne, nommément désignée, au regard de l’opinion publique.

Loin du caniveau municipal, là où l’étang des Launes bordé de ses cabanes affleure la Méditerranée pour donner au village marin son caractère typiquement camarguais, Sylvette vous invite à visiter la cabane du Pont du Mort qu’elle continue à faire vivre avec si peu de moyens mais tellement d’amour et de passion. En cliquant sur les vignettes vous pourrez entrer chez Sylvette pour y découvrir le décors d’aujourd’hui ô combien évocateur de l’art de vivre des cabaniers si cher aux camarguais et à tous ceux qui aiment ce sublime territoire et cette culture vivante.
Vous pourrez également admirer quelques unes des innombrables cartes postales qui, depuis le tout début des années 50, ont fait de la cabane du Pont du Mort une véritable star de la photo et de notre mémoire collective. Ce n’est pas un hasard si, durant des décennies, le regard averti des photographes a choisi cette cabane de gardian pour illustrer un des emblèmes les plus symboliques de la Camargue. Combien de touristes ont écrit un message d’enchantement au dos de ces cartes et combien d’autres gens ont rêvé de notre belle Camargue en les recevant.
A deux reprises, dans les années 70, la télévision a également choisi cette cabane pour accueillir l’émission « Midi Première ». Ainsi, Tino Rossi y a interprété son célèbre « chant du gardian », accompagné par le chœur des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, puis, c’est Joe Dassin qui est venu y chanter dans un style plus « western ». Elle a également été filmée à maintes reprises pour des documentaires tel que celui réalisé par Sylviane Terrassi intitulé « Camargue, mon Pays" et distribué par le Musée Camarguais.
Ainsi, à sa manière, la cabane du Pont du Mort, a contribué à la prospérité de notre commune en véhiculant une merveilleuse image tant prisée de nos visiteurs.
Alors, cette cabane, si belle dans son décors, dans son histoire et par le symbole qu’elle représente, mais aussi par la noblesse du combat de Sylvette, ne mérite-t-elle pas mieux que de finir écrabouillée par le godet de la pelleteuse municipale ?







Créée en dehors de tout circuit politique et autre cercle d’influence, Renaissance Saintoise est une association de type loi 1901. Elle se veut un lieu de réflexion, d’écoute et de vigilance citoyenne. Le principal objectif de notre association est de contribuer à faire connaître, à promouvoir et à protéger les richesses patrimoniales, culturelles et environnementales du village des Saintes Maries de la Mer et de la Camargue.
Récusant d’emblée toute approche passéiste ou partisane, nous souhaitons agir, en tant qu’association, dans le processus d’élaboration et de suivi des projets de développement de notre village et du Delta. Nous serons tout particulièrement attentifs à la protection du cadre de vie des habitants. La Camargue est un territoire complexe et fragile dont la préservation et le développement appellent une vigilance constante au plus près du terrain.
Dans un esprit constructif, nous nous attacherons à évaluer les enjeux et les risques liés aux politiques et aux projets mis en œuvre par les différentes autorités publiques chargées d’administrer et de gérer le territoire.

Protéger l'authenticité du village
Depuis de nombreuses années, l’image de marque et l’identité culturelle de notre village se dégradent. La gestion chaotique des projets compromet le développement harmonieux et durable des saintes en négligeant les formidables atouts qu’offre ce magnifique territoire au profit d’une approche étroitement mercantile et à courte vue. L’abandon de la culture et des traditions au profit d’un folklore réducteur à vocation exclusivement touristique détériore le caractère authentique qui faisait des Saintes Maries de la Mer ce lieu unique où se conjuguent Provence, Camargue et Méditerranée.
Pourtant, l’authenticité est un gage d'attractivité pour une commune dont le tourisme constitue le moteur principal de l'économie locale. Pour autant, il ne faut pas oublier la qualité du cadre de vie offert aux saintois sans lesquels il n’y aurait plus de village. De ce point de vue, la baisse du nombre d’habitants de la commune au cours des dix dernières années nous semble préoccupante, d’autant que la tendance est inverse sur tout le littoral méditerranéen.
Valoriser la culture et le patrimoine
Deuxième commune de France par la superficie de son territoire, notre village revendique à juste titre le rang de capitale de la Camargue. Par son histoire et les personnalités qui l’ont marquée mais aussi par sa situation géographique, notre commune a longtemps rayonné sur l’ensemble d’un territoire dont elle constitue un des lieux les plus emblématiques. Malheureusement, notre village a perdu, au fil du temps, son influence et sa notoriété culturelle. C’est un peu comme si l’âme vive des Saintes Maries de la Mer s’éclipsait progressivement de son propre territoire en tournant le dos à son histoire, à sa culture et, au bout du compte, à son avenir.
La municipalité envisage toujours le retrait de la commune du Parc Naturel Régional de Camargue dont le renouvellement de la Charte est en cours de validation. Même si le fonctionnement de cette institution publique est perfectible, le retrait de notre village, qui scellerait son isolement total, aurait des conséquences très négatives pour le développement économique, la protection et l’avenir des Saintes Maries de la Mer.
Raviver la démocratie locale
Bien Il n’est pas dans notre propos de contester, le moins du monde, la légitimité des édiles même si notre village présente, entre autres singularités, celle de posséder davantage d’électeurs que d’habitants. Ainsi, pendant que la population communale baissait de 5,53%, selon le dernier recensement de l’INSEE, le nombre d’électeurs inscrits aux dernières élections municipales augmentait de près de 9% sur la même période. De fait, le ratio électeurs/habitants culminait à 115 % alors que la moyenne nationale est de l’ordre de 70%. Le déficit de démocratie locale qui caractérise la vie municipale est latent. Le processus d’élaboration des projets, en excluant le plus souvent toute procédure de concertation préalable, tend à placer les saintois devant le fait accompli en transformant la concertation citoyenne en monologue municipal. Il faut bien dire que l’absence de toute opposition au sein du Conseil Municipal et, plus largement, au niveau de la vie publique saintoise, est de nature à favoriser une gouvernance autocratique teintée de clientélisme.
Améliorer le cadre de vie
Les projets structurants et potentiellement néfastes pour notre commune ne manquent pas. Ainsi, l'extension du port de 500 anneaux amputera une bonne partie de la plage des Arènes alors que cet endroit constitue un des points les plus vulnérables du trait de côte sur le littoral camarguais. Comment peut-on imaginer qu’un simple épi longitudinal pourrait résister aux plus violentes tempêtes telle que celle de 1982. Espérons que le drame récent provoqué par la tempête Xynthia conduira les autorités publiques à interdire ce projet mégalomane, coûteux et dangereux.
Tout à côté, la construction d'un parking sur l’étang des Launes, où les flamants roses devront bientôt laisser la place aux voitures, défigurera à tout jamais le paysage le plus emblématique de notre village. Ajoutons, en vrac : le futur PLU ( en gestation depuis huit ans) qui prévoit un certain nombre d'objectifs destructeurs pour l'environnement, l’abandon du littoral de la Plage Est aux camping-cars, le remblaiement sauvage de zones humides ou encore l’absence de plan de circulation pour éviter l’engorgement du village pendant la période estivale.

